—  La Halle : préjudice d'anxiété à l'amiante —

 27 Juin 2020

Diable, ascenseur et gros bras... Plusieurs cartons contenant quelque 27.000 pages ont été déposés, hier matin, au greffe du conseil des prud'hommes de Châteauroux. « Ce sont les documents relatifs au dépôt des requêtes des 237 salariés ayant travaillé sur le site Jean-Bonnefond de La Halle à Issoudun », indique Daniel Guiet, avocat. Démarche juridique visant à demander réparation sur « un sentiment d'anxiété lié à la présence d'amiante dans ce bâtiment », aujourd'hui fermé. Certains des requérants ont travaillé, pendant trente ans, dans ce local qui allait se révéler - en avril 2010 - amianté du sol au plafond. « Des dalles contenaient de l'amiante, mais aussi les plaques ondulées de la toiture et les rives en fibrociment », détaille l'avocat. Et puis, « il y avait une soufflerie susceptible de soulever toutes ces poussières. » Alors, certes aujourd'hui, « il n'y a pas de cas avérés de déclenchement de la maladie ; mais depuis dix ans, tous les salariés qui sont passés par ce bâtiment partagent un réel sentiment d'anxiété ». Tranquillisants et nuits blanches à l'appui « certains vont mal et c'est de ce préjudice que nous voulons être indemnisés ». Des demandes sonnantes et trébuchantes qui vont selon les cas de 7.500 € à 20.000 € à multiplier par 237 salariés, soit près de 3 M€ demandé à l'employeur.

—  UN SIGNE OU PAS ?  LE CIEL NOUS EST TOMBE SUR LA TETTE

26 Juin 2020

 Est-ce un signe du destin qui annonce la mort du dépôt logistique issoudun ou bien un nouveau départ.. Une rafale de vent a soufflé à 3h30 du matin et à tout balayé sur son passage. En voici les conséquences.

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Le groupe Beaumanoir détaille son projet de relance pour La Halle

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25 Juin 2020

Parmi les 25 offres de reprise sur la table pour les actifs du géant La Halle, le groupe Beaumanoir décrit avoir amélioré son dossier, et s'est rapproché d'un autre candidat pour grossir le contingent de magasins repris. Un duo qui entend reprendre 424 magasins sur les 830 que compte l'enseigne du groupe Vivarte, en redressement judiciaire depuis le 2 juin. Le partenaire de Beaumanoir est présenté par le groupe comme un acteur de la chaussure. Il s'agirait, selon nos informations de l'enseigne Besson. Cet acteur se positionne sur 58 points de vente, tandis que le groupe breton entend relancer l'enseigne La Halle avec 366 magasins.


"L'offre définitive a été déposée hier soir. Le groupe Beaumanoir s'engage sérieusement dans cette reprise, qui concerne maintenant plus de 2.500 salariés, et 2.700 en tout avec notre partenaire, nous détaille Jérôme Drianno, le directeur général du groupe basé à Saint-Malo. Etre capable de reprendre 2.500 personnes ne se déclenche pas d'un coup de baguette magique, c'est un gros challenge pour nous".
Lors du premier round, 300 adresses La Halle avaient été ciblées. L'offre a donc été étoffée d'une soixantaine d'unités en ce qui concerne le réseau, mais s'élargit aussi avec un des deux entrepôts de l'enseigne, qui entre désormais dans le périmètre. Il s'agit du site logistique de Montierchaume, spécialisé dans le vêtement et situé près de Châteauroux. De plus, Beaumanoir inclut dorénavant à son offre 150 personnes des deux sièges de La Halle, à Paris et dans la région lilloise.

 "C'est un vrai projet de marque, afin de redresser et de moderniser La Halle, avec une enveloppe d'investissement conséquente de plus de 60 millions d'euros. La famille Beaumanoir engage aussi des fonds personnels dans cette relance", pointe le dirigeant.

"La Halle couvre le segment de marché de la mode pour la famille à petits prix, et nous permet de nous diversifier", Jérôme Drianno


L'enseigne, qui a réalisé 847 millions d'euros de ventes en 2018/19, constituerait un nouveau positionnement mode pour le groupe malouin. "Notre premier segment est la mode accessible, avec Cache Cache, Bonobo et Bréal, tandis que le segment premium accessible est couvert par Morgan. C'est dans ce pôle que s'inscrivait la possible reprise de Naf Naf, qui n'a pas abouti. La Halle couvre un troisième segment de marché, celui de la mode pour la famille à petits prix, et nous permet de nous diversifier."
C'est aussi l'occasion pour Beaumanoir de renforcer sa présence en périphérie. Un type d'emplacement (où elle déploie déjà son format multimarque Vib's) qui sera plus à même de tirer son épingle du jeu en période de sortie de crise que les centres commerciaux par exemple, selon Jérôme Drianno. "La périphérie continuera à maintenir une dynamique commerciale à l'avenir".
Un offre mixte, habillement et chaussure, serait développée pour chaque magasin La Halle, une fusion débutée depuis quelques années déjà. "Nous allons immédiatement donner accès à la marque à l'ensemble du socle de services du groupe, en redéveloppant ses zones de sourcing, en la 'branchant' sur notre supply chain et en accélérant son omnicanalité. Elle souffrait d'un sous-investissement depuis dix ans, tant côté marque que sur le plan technique".
Le tandem n'est pas le seul à se positionner pour la reprise de La Halle : parmi les spécialistes, Chaussea et Gémo ont déposé une offre partielle, tandis que des acteurs de l'alimentaire se sont aussi manifestés, à savoir Aldi, Carrefour et Lidl, intéressés par environ 200 emplacements.
Certaines offres pourraient donc s'additionner, et permettre de sauver davantage de magasins. La direction du groupe avançait début juin un chiffre de 607 points de vente qui pourraient au global être repris. La solidité des offres et leur réelle combinaison seront examinées par le tribunal de commerce de Paris lors d'une audience fixée le 29 juin.
Verdict sera ensuite rendu la semaine suivante. Un PSE, dont on ne connaît pas encore l'ampleur, est incontournable pour les salariés qui ne seront pas repris. Pour l'heure, 4.036 emplois sur 5.391 pourraient potentiellement êtres maintenus. Ce qui conduirait tout de même à la destruction de près de 1.500 postes.                                                         

— ARTICLE DU JOURNAL LE MONDE—

25 Juin 2020

Procédure de redressement judiciaire de La Halle :

LE MEDEF FAIT PRESSION SUR L'ADMINISTRATRICE JUDICIAIRE !

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25 Juin 2020

SOUTIEN DES DÉPUTES

24 Juin 2020

—  A L’ASSEMBLÉE NATIONALE —

23 Juin 2020

L'intersyndicale Issoudun été reçu par le député des bouches du Rhône Pierre Dharéville.

Ce rendez-vous nous a été proposé par Mr Jacques Pallas Maire de Saint Georges sur Arnon qui nous a accompagné .
Mr le Député va plaider notre cause cet après midi à l'assemblée et va interpeller directement le gouvernement. Le combat continu. 

— La Halle : 650 personnes défilent à Châteauroux pour soutenir les salariés —

22 Juin 2020

— L'intersyndicale saisie un huissier de justice —

22 Juin 2020

RENDEZ-VOUS PRIS POUR L'INTERSYNDICALE ISSOUDUN

22 Juin 2020

L'intersyndicale Issoudun logistique se rendra à l'assemblée nationale dès demain. Elle rencontrera différents députés. Le combat continu...

La Halle dans l'Indre : des offres de reprise, mais de la casse sociale
 

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21 Juin 2020

Châteauroux. Six cents personnes - dont de nombreux élus - ont défilé, hier matin, jusqu'à la préfecture, afin de soutenir les salariés menacés de La Halle.

Une sono légèrement enrouée affirme que c'est « La Lutte finale... » Sourires dans le cortège. « Ils ne peuvent pas s'en empêcher » lance un manifestant venu soutenir, hier matin, dans les rues de Châteauroux, les salariés de La Halle. L'Internationale a ainsi rythmé - quelques minutes - les pas d'environ six cents personnes, dont des élus de tous bords. « Il faut marcher main dans la main, sans récupération politique, martèle l'un d'eux. Ce combat pour sauver les emplois, c'est celui de nous tous. »

Ce n'est pas Frédéric Carrias de l'Intersyndicale, qui dira le contraire lui qui a rappelé « les efforts de chacun pendant tant d'années. Jusqu'à la sueur, les larmes et même le sang pour ceux qui se blessaient dans le cadre de leurs activités ». Des efforts, mais aussi des espoirs. « Nous sommes capables de construire et nous sommes tous prêts à nous investir. » Applaudissements.

Un secteur en grande difficulté Propos confortés à la tribune du boulodrome de Belle-Isle par Gil Avérous, maire de Châteauroux. « Avec de nombreux élus, a-t-il rappelé, nous travaillons pour trouver un avenir au plus grand nombre. » Mais, on ne peut ignorer « que le secteur de la chaussure et de l'habillement est en grande difficulté » et pour reconstruire « il faut des bases solides ».

Des fondations sur lesquelles pourraient s'appuyer des repreneurs comme Beaumanoir, une société de Saint-Malo qui a fait « une offre pour La Malterie, avec le maintien de 153 salariés sur les 202 actuels », indique de son côté, Nelly Luzy, déléguée de la CFDT. Quant à Issoudun, « des responsables de la société KB8 sont venus, vendredi, sur le site et proposent le maintien de 50 salariés sur les 287 actuels » (*).

Des chiffres qui font mal ; « qui inquiètes de nombreuses personnes », appuie Philippe Métivier, maire de Vatan, dont la commune et le canton seront forcément touchés par ces mesures. « Sur notre commune et aux alentours, nous avons une cinquantaine de familles dont des membres travaillent à La Halle. Beaucoup se demandent ce qu'ils vont devenir. »

Craintes d'élus du grand issoldunois, mais aussi de maires de secteurs bien plus éloignés, comme Alain Ovan, premier magistrat de Beaulieu - à la limite de l'Indre et de la Haute-Vienne - également présent, hier matin, à Châteauroux. « Nous sommes là, par solidarité et pour défendre en règle générale, le travail », que ce soit dans le domaine de l'habillement ou de tout autre secteur industriel. « Il faut se mobiliser pour éviter la casse actuelle » et celle qui risque encore de surgir. Alors, la lutte n'est pas finale, « mais doit bien continuer », répète un manifestant en roulant sa banderole.

(*) Arrêt des offres le 24 juin, puis décision du tribunal de commerce de Paris.  

Rencontre de l'intersyndicale Issoudun accompagnée de 2 représentants CFTC malterie avec les élus du département.
Nous sommes tous mobilisés pour le même combat: défendre nos emplois 

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La Halle : "De la sueur, du sang, et maintenant des larmes", quel avenir pour les 489 salariés berrichons ?

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20 Juin 2020

 L'inquiétude toujours vive dans l'Indre : les dépôts logistiques d'Issoudun et de Montierchaume sont menacés de fermeture. Près de 500 salariés pourraient rester sur le carreau. Une marche solidaire a réuni les salariés, les citoyens et de nombreux élus locaux à Châteauroux ce samedi.

Les dépôts logistiques d'Issoudun et de Montierchaume sont menacés de fermeture. Près de 500 salariés pourraient perdre leur emploi. Les repreneurs potentiels n'ont plus que quelques jours pour améliorer leur offre. Ce samedi, une marche solidaire a réuni les salariés, les citoyens et de nombreux élus locaux dans les rues de Châteauroux. 

De la sueur, du sang... et maintenant des larmes

Voilà le slogan de cette seconde mobilisation de soutien aux salariés de La Halle. Frédéric Carrias, représentant de l'intersyndicale, est en tête de cortège, il dresse ce constat : "On verse des larmes oui, parce-qu'on va perdre beaucoup plus qu'un boulot."

En effet, la majorité des 489 salariés des dépôts logistiques de Montierchaume et d'Issoudun cumule plus de 20 ans d'ancienneté.

Je perds plus qu'un travail, je perds ma deuxième famille.

Munie d'une pancarte "Je suis la Halle", Valérie, 49 ans exprime toute sa colère et son désespoir : "Ça fait 25 ans que je travaille à La Halle, à Issoudun, mes collègues, c'est ma deuxième famille. C'est plus qu'un boulot, c'est une vie. Une vie passée à travailler... pour finir au chômage ?! Je ne veux pas, j'ai toujours travaillé, je refuse de devenir un cas social !"

Les élus locaux : un dernier espoir

Leurs espoirs se tournent désormais vers les élus locaux venus en nombre. Parmi eux, Frédérique Gerbaud, sénatrice LR de l'Indre : "Il faut absolument se battre pour faire pression sur les repreneurs pour obtenir de meilleures offres, et sur l'Etat pour obtenir des compensations. Les repreneurs peuvent encore améliorer leur offre de reprise : il reste quelques jours encore pour déposer des propositions au Tribunal de Commerce de Paris.

La pression, le maire d'Issoudun, André Laignel l'a déjà mise : il a alerté le Premier Ministre il y a deux semaines : "On a tout de même l'impression qu'entre le département et le national, il n'y a rien qui se passe !" déplore l'édile, par ailleurs premier vice-président délégué de l'Association des Maires de France.

Prochaine étape : en appeler à la responsabilité de Bercy et de la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

— La Halle : le groupe Beaumanoir propose de reprendre 150 salariés à Montierchaume  —

17 Juin 2020

Beaumanoir qui était uniquement intéressé par la reprise de magasins La Halle et 2.500 salariés a fait une proposition pour le site logistique de Montierchaume.

Les discussions s'enchaînent et les repreneurs intéressés par les Centres logistiques se font un peu moins discrets ces derniers jours. Il faut aller vite, très vite, avant la clôture des offres programmée au 24 juin.

Le Groupe Beaumanoir, spécialisé dans la distribution de prêt-à-porter, avait fait savoir son intérêt pour le rachat de magasins et la reprise de 2.500 salariés mais jusqu'alors, il ne semblait guère intéressé par les Centres logistiques de Montierchaume et d'Issoudun. Ses dirigeants ont néanmoins visité le site de Montierchaume la semaine dernière.

Une visite qui les a visiblement séduits puisqu'ils viennent de faire une proposition! : "Pour le projet global, ils ont 68 millions d'euros à mettre ! explique Philippe Visse, pour l'intersyndicale, mais on n'a rien de chiffré plus précisément. On sait qu'ils reprendraient 150 salariés de Montierchaume sur 202."

Un bémol, pour la CFDT

Vincent Pichon, secrétaire général de la CFDT dans l'Indre pour la branche Services, se réjouit lui aussi de ce qui serait une très bonne nouvelle s'il n'y avait un bémol : "Beaumanoir réclame une aide financière. Il faut donc que tous les acteurs locaux se penchent sur le dossier car il faut aller très vite."

Reste que pour le centre logistique d'Issoudun, soit 287 salariés, les offres sont plutôt rares. "A Issoudun, on se sent complètement abandonné. La direction est à Montierchaume et c'est comme si tout se passait là-bas !", poursuit M. Visse qui annonce par ailleurs qu'un dossier spécial amiante a été monté et sera déposé le 26 juin au tribunal. Il concerne un bâtiment amianté d'Issoudun, désormais fermé, où travaillaient une vingtaine de personnes.

—  LES CONSEILLERS RÉGION CENTRE VAL DE LOIRE

SOUTIENNENT L'INTERSYNDICALE ISSOUDUN—

16 Juin 2020

RENDEZ-VOUS PRIS POUR SOUTENIR LA LOGISTIQUE VÊTEMENTS

16 Juin 2020

— RV de l'intersyndicale Issoudun avec le député François Jolivet  

15 Juin 2020

—La Halle : l'éventuel repreneur Beaumanoir en visite jeudi au dépôt de Montierchaume   —

15 Juin 2020

Spécialiste du prêt à porter et du textile, le groupe breton Beaumanoir a proposé une offre pour la reprise de plusieurs magasins des Halles. Mais jeudi, un de ses représentants va effectuer une visite inattendue au dépôt logistique de Montierchaume.

Le député François Jolivet, qui a reçu l'intersyndicale des dépôts logistiques des Halles de Montierchaume et Issoudun , ce lundi matin à sa permanence, le dit : " Beaumanoir, c'est un groupe familial. Un groupe avec des valeurs. "

Peut-être, donc, le repreneur idéal pour les salariés du groupe et notamment ceux des dépôts logistiques, placés en redressement judiciaire ? Jusqu'ici, le groupe Beaumanoir n'avait fait état que de son intérêt pour une partie des magasins du groupe Vivarte, qui possède la marque Les Halles, sans y inclure les deux dépôts logistiques berrichons.

Ce lundi, les représentants syndicaux ont laissé entendre que le groupe breton effectuerait une visite du dépôt de Montierchaume, vraisemblablement jeudi. Est-ce que cela marquerait une évolution de sa proposition de reprise ? " Nous n'en avons à ce jour aucune idée, note un syndicaliste. On verra le jour J . "

Pour information, tous les éventuels repreneurs peuvent modifier leur offre jusqu'au 24 juin, minuit.

—La lutte passe par la rue à Issoudun  —

14 Juin 2020

Le défilé de soutien aux salariés de La Halle a réuni 700 manifestants, hier matin, dans les rues issoldunoises. Un deuxième rendez-vous est fixé samedi prochain, à Châteauroux.

Pas de couleurs dans les rangs, hormis celles des écharpes tricolores des élus qui ont pris la tête du cortège. Ainsi l'ont voulu les salariés de La Halle à l'origine de cette première grande manifestation de soutien organisée, hier, à Issoudun. Dans l'Indre, ce sont près de 500 personnes - 287 à Issoudun et 202 à Montierchaume - qui risquent de perdre leur emploi depuis le placement en redressement judiciaire de la Halle, enseigne du groupe Vivarte, le 2 juin.
Pour l'heure, les offres de reprise des deux sites logistiques permettraient de sauver tout juste une cinquantaine d'emplois localement. Bien trop peu aux yeux de tous ceux venus soutenir ces « oubliés de la finance ».Vêtus de leur sweat noir de travail sérigraphié du logo de la Halle, les salariés veulent frapper les esprits avec cette mobilisation. Montrer qu'ils ne sont « pas que des numéros. Derrière nos matricules, il y a des personnes, des vies qui vont être brisées », lâche une quadragénaire peu avant le départ du défilé.
À 9 h 30, le cortège s'élance. Les quelque 700 manifestants prennent place derrière l'unique banderole de l'intersyndicale où figure une phrase en forme d'épitaphe : « La Halle, mort des deux dépôts logistiques ». « Il aurait fallu un point d'interrogation à la fin de la phrase, suggérera plus tard André Laignel, maire d'Issoudun, lors de sa prise de parole devant l'hôtel de ville où s'est achevée la manifestation. Je ne considère pas que c'est mort ni que les choses sont faites. Le rideau n'est pas tiré. Au contraire, on est en train de l'ouvrir pour mener le combat. »
Le cortège applaudit devant l'hôpital En rangs serrés, les manifestants mettront près de deux heures pour traverser la ville. Ils marqueront plusieurs arrêts ponctués d'applaudissements nourris, notamment devant le magasin de chaussures de la Halle et devant le centre hospitalier. Ce premier défilé s'est achevé en fin de matinée par deux prises de parole. Au nom de l'intersyndicale, Frédéric Carrias s'est adressé à ses collègues : « La Halle, ce n'est pas des actionnaires. Ce sont des gens qui travaillent. Jusqu'au bout, la Halle, c'est nous et c'est vous ! Les difficultés, vous les connaissez, vous les avez vécues de l'intérieur. Au fil de toutes ces années, vous savez ce que vous avez donné à la Halle. Vous le savez dans vos corps. Beaucoup d'entre vous y ont laissé leur santé et beaucoup d'espoir. On aurait pu nous aider. Nos actionnaires en avaient les moyens mais ils nous ont abandonnés. »
Dans la foule, une voix s'élève : « Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? », interroge un manifestant. « On fait ce qu'on est en train de faire, là, tout de suite. On se retrouve ensemble et on se bat comme on peut en comptant sur le soutien de tout le monde », répond avec détermination Frédéric Carrias avant de céder la parole au maire d'Issoudun, qui s'exprimera au nom des élus présents.
Le sort des deux sites logistiques indriens n'est pas encore scellé. Les offres de reprise présentées pour les magasins et les dépôts ont jusqu'au 24 juin pour être améliorées. En attendant, « le combat est triple », a rappelé André Laignel en assurant que les élus avanceront « unis, au-delà des étiquettes politiques. Il faut essayer d'abord de préserver le maximum d'emplois car les offres présentées sont très insuffisantes. Puis nous devons obtenir un plan massif pour permettre à ceux qui seront laissés au bord du chemin de pouvoir se former et se reconvertir afin de tracer leur route. Enfin, nous devons faire en sorte que l'Indre soit un département pilote de la relocalisation. De nombreuses entreprises sont fragilisées. Si rien ne s'arrête, ce sont 1.500 emplois qui pourraient être sacrifiés à l'automne. » 

Indre : les salariés de la Halle « enfants oubliés de la crise »  —

14 Juin 2020

Les deux sites logistiques emploient près de cinq cents salariés, dont certains ont près de 40 ans d'ancienneté. La perspective d'un licenciement crée en eux une blessure psychologique profonde.

Pour rien au monde ils n'auraient manqué ce premier rendez-vous sur le pavé. Hier matin, les salariés des deux sites logistiques indriens de La Halle ont mis leur tenue de travail pour venir « porter leur colère » et, parfois, leur désarroi dans les rues d'Issoudun.
« Il faudrait un miracle »
Ghislain Lyannaz, employé du site d'Issoudun, a la voix qui tremble et les larmes qui lui montent aux yeux quand il évoque son parcours. Il a trente-six ans de maison. Trente-six années au cours desquelles il a « tout fait » au sein de l'entrepôt. « Le 27 juin 1984, je mettais les pieds pour la première fois ici, raconte Ghislain en se tournant vers l'entrée du site logistique d'Issoudun. J'ai été au tirage, à l'emballage, au quai. Je suis passé chef d'équipe pendant dix ou douze ans. Aujourd'hui, je suis chauffeur inter-dépôts. Je pensais que ça allait m'emmener jusqu'à ma retraite en décembre... Mais non, je n'irai pas jusqu'au bout. »
Sa dernière participation aux bénéfices reçue lui est restée en travers de la gorge. « Cette année, on m'a versé 15 €. Vous vous rendez compte ? 15 € après trente-six ans de boîte. Ils auraient mieux fait de se la garder, une prime pareille ! » Aujourd'hui, Ghislain n'y croit plus guère. « Si on pouvait nous aider comme ça a été fait pour l'aéronautique et l'automobile... Mais il faudrait un miracle pour qu'on soit sauvés. Nous sommes les enfants oubliés de la crise. »
« Nos corps sont bousillés
par le travail »

À 49 ans, Valou est encore loin de la retraite. Entrée le 6 septembre 1994 au site logistique d'Issoudun, elle avait fini par se résoudre à partir pour envisager une autre carrière. Après avoir décroché un titre professionnel d'assistante en ressources humaines grâce à un congé individuel de formation pris en 2018, Valou s'apprêtait à commencer une licence en septembre 2020. « J'avais accepté de faire partie du plan de départs volontaires, en février dernier. Je partais alors la tête haute, avec une formation pour me reconstruire. Mais on nous a coupé l'herbe sous le pied. Aujourd'hui, nous partons avec des blessures physiques irréparables et des blessures psychologiques. Nos mains, nos épaules... nos corps sont bousillés par le travail et on va sortir d'ici les poches vides. » 

« Un plan social bâclé »
Entré tout jeune à la Halle,
Frédéric Carrias est actuellement préparateur de commandes. Mais en vingt-huit ans de carrière, il a exercé « à peu près tous les métiers, de la réception à l'expédition. Ici, tout le monde est polyvalent ». Ce métier, il y est attaché. « Il m'a donné une identité. Avoir un travail, c'est s'intégrer dans une organisation, y trouver sa place et un sens à ce qu'on fait. Si tout doit s'arrêter demain, le vide va être immense. » Âgé de 52 ans, Frédéric aimerait continuer dans la logistique mais est aussi prêt à se former et à envisager un nouveau métier. Pour le moment, il garde un infime espoir de voir son emploi sauvé. « Les offres peuvent encore évoluer jusqu'au 24 juin. La porte de l'espoir est tout juste entrouverte mais je veux continuer à y croire », confie le salarié qui n'accepte pas la perspective du « plan social bâclé ». « C'est comme s'ils voulaient nous évincer le plus rapidement possible. Nous ne sommes pas licenciés mais carrément éjectés ! »
« Être récompensés »
« Je ne veux pas que l'on reparte sans rien après avoir travaillé pendant des années. »
Marie-Claude Gay a donné trente-une années de sa vie à La Halle. Avec ses collègues du site logistique d'Issoudun, elle défile en tenue de travail. Le slogan « La Halle, c'est vraiment vous », brodé au dos de son chandail noir prend un sens nouveau. Une signification accentuée par l'écriteau « Je suis La Halle » suspendu autour de son cou.
Ses revendications ne sont pas entravées par son masque chirurgical : « Nous devons au moins être récompensés de ce que l'on a fait. »
« Une reprise ce serait l'idéal. S'il n'y a pas de reprise, nous méritons une bonne prime de départ, une reconversion et tout ce qui suit », clame-t-elle. Ses espoirs s'amenuisent à mesure que le combat s'allonge dans le temps. « J'ai un peu peur. Je suis comme tout le monde, concède-t-elle. On voit ça très mal. » 

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EXCLUSIF - La lettre d'un salarié de La Halle 36 à Emmanuel Macron

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14 Juin 2020

Le 13 juin, une manifestation s'est tenue à Issoudun contre la fermeture des deux entrepôts de La Halle d'Issoudun et Montierchaume (la Malterie). En effet, La Halle a été mise en liquidation judiciaire suite la prise de contrôle de cette entreprise française par des fonds vautours qui ont fini par la tuer. D'ici fin juin, le tribunal de commerce devra se prononcer sur l'avenir des 5000 salariés dans toute la France. Selon des informations de presse, la moitié, soit 2500 salariés seraient menacés de perdre leur emploi dans les semaines à venir. Dans l'Indre, les deux dépôts logistiques de Issoudun et Montierchaume représentent 500 emplois directs et autant d'emplois indirects. Leurs fermetures définitives représenteraient une catastrophe sociale. Malgré l'ampleur de ce plan social et ses répercussions dans de nombreux départements français, le gouvernement ne s'est pas saisi du dossier. D'où cette lettre d'un salarié indrien de La Halle, interpellant directement le Président de la République et que nous publions.

Monsieur le Président de la République,

Je souhaite attirer votre attention sur le sort de la société La Halle, filiale du groupe Vivart et détenue par des fonds d'investissements. Je travaille sur le site de la Malterie à Montierchaume dans l'Indre, depuis le début de l'exploitation du site logistique de La Halle aux Vêtements. J'y ai connu déjà plusieurs difficultés, dont la suppression de l'équipe de nuit dont je faisais partie. Effectivement, l'entreprise avait des difficultés, mais des investissements venaient d'être faits sur le dépôt de la Malterie, avec un changement du système d'exploitation qui devait rentrer en service fin avril, une modernisation de l'e-commerce et de la préparation de commandes.

« Des actionnaires sans vision d'avenir »

La Covid et le confinement nous ont fait perdre un chiffre d'affaire important pour la société. Il y a eu aussi une mauvaise gestion de nos dirigeants, car le site web a été fermé pendant plusieurs semaines, contrairement à nos concurrents, ce qui nous a mis à terre. Nos investisseurs, actionnaires par l'intermédiaire de notre PDG Patrick PUY ne souhaitent plus mettre la main à la poche, alors que la société ne peinerait pas à se redresser, si un investisseur, avec une direction sérieuse, compétente, dynamique et ayant envie de la faire perdurer, prenaient la peine de s'y intéresser. Investisseurs autres que ces fonds de pensions, qui n'ont fait que dilapider et appauvrir la société pour récupérer du cash afin de servir les actionnaires, car ils nous ont racheté sous forme de LBO, sans aucune vision d'avenir.

« La situation est extrêmement urgente »

Je vous demande donc, Monsieur Le Président de la République de mettre vos services sur ce dossier. Cette société françaisepourrait vivre, même s'il fallait restructurer, fermer quelques magasins déficitaires, revoir la logistique, ce qui était en cours.Il y a aussi un dépôt à Issoudun, traitant les chaussures. La situation est extrêmement urgente, nos emplois seront supprimés dans deux mois. L'Etat français a déjà mis et va mettre des milliards, pour sauver Renault, Air France...

L'Etat Français doit également nous aider, nous laisser une chance, pour sauver l'emploi des deux sites qui représentent dans le département de l'Indre environ 500 emplois, et sur le territoire Français environ 2500 personnes. Dans l'Indre, il n'y a pas beaucoup de travail. Je vous demande de tout faire pour pérenniser nos emplois, l'Etat pourrait même aller jusqu'à prendre un pourcentage de l'entreprise pour bloquer ces actionnaires, qui nous ont mis dans cette situation. L'entreprise La Halle pourrait alors s'en sortir et être revendue plus chère, et intéresser, par la suite, d'autres investisseurs. Pour relancer l'économie, il faut des gens qui consomment. Si nous perdons nos emplois, nous consommerons beaucoup moins. Si les deux sites ferment, des prestataires de services seront touchés eux aussi. J'espère que vous pourrez intervenir, voir venir sur le site nous rencontrer.

« Méthodes de voyous »

Cette entreprise, ces actionnaires, ont touché également de l'argent public, des aides, des réductions de charges. Il faut aussi que l'Etat récupère cet argent public donc bénéficie des entreprises aux méthodes de voyous, cet argent est fait pour les aider et non pour les enrichir et appartient aux citoyens de ce pays. Si cette entreprise nous sacrifie, nous vend en partie, nous laisse sur le carreau pour les autres, alors récupérez l'argent du contribuable auprès des actionnaires. D'autres métiers en ont besoins, comme la médecine, l'hôpital... J'espère que vous pourrez vraiment nous aider et dans le pire des cas, faire pression pour que nous partions avec des indemnités, des formations, des reclassements, un plan qui soit décent.

Dans l'attente de votre réponse, Veuillez agréer, Monsieur Le Président de la République, l'expression de ma respectueuse considération.